renaud séchan

Renaud Séchan dit Renaud est un auteur-compositeur-interprète français né à Paris le 11 mai 1952.

Avec 23 albums totalisant plus de 15 millions d'exemplaires, Renaud est l'un des chanteurs les plus populaires en France et l'un des plus connus dans la francophonie.

Il utilise ses chansons pour critiquer la société, rendre hommage ou faire sourire par un usage intensif d'argot dans ses paroles.

Il s'est lui-même surnommé le chanteur énervant en raison de ses multiples engagements pour des causes comme les droits de l'homme, l'écologisme ou l'antimilitarisme qui transparaissent fréquemment dans ses chansons et qui ont suscité de nombreuses réactions tout au long de sa carrière. Si elles ont souvent été contestées, il est devenu au fil des années l'un des Français les plus populaires.

Il a également joué dans quelques films, notamment dans l'adaptation de Germinal par Claude Berri en 1993, et dans Wanted de Brad Mirman en 2003.

# Posté le mardi 03 mars 2009 18:59

L'enfance et l'adolescence (1952 - 1968)

L'enfance et l'adolescence (1952 - 1968)
Renaud Pierre Manuel Séchan est né le 11 mai 1952 dans le 14e arrondissement de Paris. Il a un faux jumeau, David, ainsi que quatre autres frères et s½urs dont l'écrivain Thierry Séchan.

Son père, Olivier, originaire d'une famille protestante des Cévennes, est professeur d'allemand et de néerlandais, traducteur et auteur de romans policiers. Il a reçu le prix des Deux Magots en 1942 pour Les Corps ont soif et a travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale à Radio Paris. Il lui a donné le goût de l'écriture. Sa mère, Solange, originaire d'une famille de mineurs du Nord, était ouvrière avant de devenir femme au foyer.

Son grand-père paternel, Louis Séchan est un helléniste français renommé, professeur à la Sorbonne, auteur de divers ouvrages et dont la femme, Isabelle Bost, était, par son père, la petite fille d'Ami Bost et la nièce de John Bost et, par sa mère, la nièce de Louisa Siefert (arrière-grande-tante de Renaud), qui connut Arthur Rimbaud.

Son grand-père maternel, Oscar, ancien mineur après avoir quitté l'école à l'âge de 13 ans, fut d'abord membre du Parti communiste, puis le quitta en 1937, déçu après un voyage en Union Soviétique en 1932. Il rejoignit ensuite le Parti populaire français, parti collaborationniste de Jacques Doriot..

À ce double héritage culturel s'ajoutent également deux tendances musicales : sa mère écoute de la chanson populaire allant de Fréhel à Maurice Chevalier ou Édith Piaf alors que son père est amateur de musique classique et de chanson française, notamment Georges Brassens.

Vers 10-12 ans, il découvre la vague yéyé et les Beatles et vers 14-15 ans, il se met à écouter le chant de révolte de Hugues Aufray, qui devient sa première idole, et Bob Dylan puis Joan Baez, Leonard Cohen, Donovan, Sullivan. En 1966, il découvre Antoine dont les thèmes qu'il défend le touchent, et commence la guitare. Son style vestimentaire s'inspire toutefois d'un autre chanteur : Ronnie Bird.

Malgré certaines aptitudes, notamment en français, Renaud manifeste très peu d'intérêt pour les études, avec un dégoût particulier pour les cours de gymnastique dont le côté militaire l'énerve déjà. En 1963, Renaud et son frère rentrent en sixième au lycée Gabriel Fauré dans le 13e arrondissement où leur père enseigne l'allemand. À partir de là, les résultats de Renaud commencent à baisser, notamment en mathématiques, celui-ci préférant s'intéresser aux boums, aux filles, et aux mobylettes. Il commence à sécher les cours, préférant aller écrire des poèmes devant les statues du jardin du Luxembourg. En 1965, il échoue au BEPC et doit redoubler sa troisième mais le lycée Gabriel Fauré refuse de le garder malgré l'influence de son père. Il intègre ainsi le lycée Montaigne à la rentrée 1967 sans plus de succès dans ses résultats.

Plutôt que les études, Renaud se sent bien plus attiré par la politique. Dès 1962, il s'intéresse aux réactions et manifestations pacifistes métropolitaines durant la guerre d'Algérie, auxquelles ses parents ont participé, et est profondément choqué par les évènements du métro Charonne et par l'explosion de deux bombes de l'OAS près des appartements de la famille Séchan. En 1966, il fait ses premiers pas de militant en rejoignant le MCAA (Mouvement Contre l'Arme Atomique), animé par Jean Rostand. Dans son nouveau lycée, à l'atmosphère plus politisée, il rencontre d'autres camarades du même bord politique que lui avec qui il part provoquer les étudiants de la faculté de droit d'Assas et leurs militants d'extrême droite, toute proche. Par l'intermédiaire de ses copains, il s'approche des milieux maoïstes et trotskystes. Cette rébellion lui vaut quelques heurts avec son père. Il crée un Comité Viêt Nam dans son lycée pour protester contre la guerre du Viêt Nam en 1967 et fréquente assidûment les « Amitiés franco-chinoises. »

En mai 1968, Renaud rejoint son frère Thierry et vit pendant trois semaines dans la Sorbonne occupée, participant aux manifestations et barricades. Il fête ses seize ans le 11 mai sur les barricades du quartier latin.

# Posté le mardi 03 mars 2009 19:03

Modifié le mercredi 04 mars 2009 10:54

Les débuts dans la musique (1968 - 1977)

Les débuts dans la musique (1968 - 1977)
Pendant mai 1968, il participe à la création du groupe Gavroche révolutionnaire qui ne fait guère d'émules. Il récite aussi des sketches de Guy Bedos, ce sont ses premiers pas sur scène. C'est par ailleurs dans l'un des amphithéâtres de la Sorbonne que Renaud croise Évariste, un étudiant qui commence à chanter avec sa guitare une chanson qu'il avait écrite. Il découvre alors l'écriture de chansons, et rédige sa première chanson, Crève salope qui a eu un franc succès auprès des autres étudiants. Deux autres chansons, C.A.L. en Bourse et Ravachol, suivent rapidement, toutes encore inédites aujourd'hui.

En août 1968, comme cela se fait un peu partout en Europe, il fonde avec quelques amis une communauté anarchiste sur le Mont Lozère, dans les Cévennes mais ils sont rapidement délogés par la gendarmerie. Ses parents l'inscrivent ensuite dans une classe de seconde artistique du lycée Claude Bernard, au milieu des quartiers de la porte d'Auteuil, dont l'environnement bourgeois l'exaspère. Il retrouve ses amis de Montaigne au « Bréa », un bistrot près de son ancien lycée qu'il continua de fréquenter ensuite.

En avril 1969, il arrête ses études, part s'installer dans une chambre de bonne, et entre dans la vie active comme magasinier puis vendeur à la Librairie 73 au boulevard Saint-Michel durant deux ans, il profite de ses temps libres pour lire autre chose que ce que lui a imposé l'école : Vian, Prévert, Maupassant, Zola, Bruant, Céline... À cette époque, il chante encore uniquement pour amuser ses amis ou draguer. Les chansons sont de lui, mais aussi d'Hugues Aufray ou de Bob Dylan. Au bout de quelques mois il peut s'acheter une première moto avec laquelle il rencontre ses premiers amis « loubards » et fréquente les bandes d'Argenteuil, de République et de Bastille. Comme eux, il se met à porter le cuir et avoue avoir failli mal tourner. Avec eux il connait les bagarres, même s'il préfère les éviter, et est entraîné dans quelques petits casses mais, pensant à ce que penserait sa mère, il refuse d'aller plus loin.

En 1971, en vacances à Belle-Île-en-Mer, il rencontre Patrick Dewaere dans une soirée[18] qui le fait entrer comme comédien au Café de la Gare (à Paris) pour remplacer un acteur au physique similaire parti aux États-Unis. Pendant quelques mois, tout en restant libraire la journée, il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet, Sotha et, bien sûr, Patrick Dewaere, notamment dans Robin des quoi ? de Romain Bouteille[19]. Il rend finalement sa place à l'acteur à son retour (il fut plus tard remplacé par Gérard Depardieu). Renaud pense alors avoir trouvé sa vocation : comédien.

Il est exempté du service militaire, ayant eu un demi-frère décédé lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale et ses trois frères précédents ayant été exemptés pour d'autres motifs. En 1972, licencié suite à ses retards successifs, Renaud quitte Paris pour s'installer dans le Sud et atterrit à Avignon. Il en revient au bout de cinq mois, face au peu d'avenir que lui offre la ville dans les carrières artistiques qu'il envisage, après avoir effectué de multiples petits boulots de plongeur à représentant en livres pornos.

En 1973-1974, en plein dans sa période dandy où il fréquente les hauts lieux de Montparnasse, il continue les petits boulots, prend des courts d'art dramatique, et joue quelques petits rôles dans des séries télévisées, des petits films... Après s'être fait rejeter lors d'une audition sur scène pour jouer de la musique au Don Camillo, il commence à chanter dans les rues et les cours d'immeuble du côté de la porte d'Orléans, rejoignant un copain accordéoniste, Michel Pons, le fils du patron de son bistrot favori le « Bréa ». Il y chante le Paris populaire qu'il affectionne tant à travers des chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette, mais son répertoire s'élargit avec les chansons qu'il écrit et compose lui-même. L'idée était de faire revivre la tradition des accordéonistes qui venaient faire la manche que Renaud avait vu dans son enfance et la recette obtient un certain succès.


Paul Lederman remarqua Renaud alors que celui-ci chantait devant le Café de la Gare.En 1974 alors que Coluche donne son premier spectacle au nouveau Café de la Gare rue du Temple, Renaud, Michel et leur guitariste Bénédicte Coutler décident de jouer dans la cour pour les 500 personnes de la file d'attente, où ils se font remarquer par Paul Lederman, le producteur de Coluche, qui leur propose de venir jouer au Caf'conc' de Paris, en première partie du spectacle de Coluche[18]. Leur groupe est appelé les P'tits Loulous. Engagés pour trois mois, le groupe ne dure que trois semaines car Michel doit partir effectuer son service militaire. Encouragé par Ledermann, Renaud continue alors seul en chantant ses propres chansons (Hexagone, Camarade bourgeois...). C'est là qu'un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim, l'entendent chanter et lui proposent de faire un disque. Renaud, qui avait déjà refusé une proposition de Lederman - il entend toujours faire acteur -, est peu motivé par la proposition mais accepte tout de même. Son premier 33 tours, Amoureux de Paname, sort en mars 1975. Jean-Louis Foulquier est le premier à inviter Renaud à son émission Studio de Nuit. Lors de son premier passage télévisée, à Midi-Première chez Danièle Gilbert, il joue Camarade Bourgeois. Avec 2 200 exemplaires vendus, Amoureux de Paname lui vaut un succès d'estime qui lui permet de chanter dans des MJC et de faire quelques dates, faiblement rémunérées, en France et en Belgique. La chanson Hexagone, qui brocarde la France d'alors en la comparant à la « gangrène » qui sévit « à Santiago comme à Paris » (allusion au régime de Pinochet), est interdite d'antenne sur France Inter pendant la visite du pape en France.

En juin 1975, il partage l'affiche avec Yvan Dautin à La Pizza du Marais devant un petit public comprenant les déjà célèbres Julien Clerc et Maxime Le Forestier. Il y fait aussi la connaissance de Bernard Lavilliers qui essaye de percer comme lui. L'auditoire ne sait pas trop quoi penser de ce jeune homme ni très bon chanteur, ni très bon musicien mais quelques journalistes s'intéressent déjà à lui. Renaud, lui, ne croit pas à une quelconque carrière et continue de faire le figurant dans des petits feuilletons ou le mécanicien dans un magasin de moto. Début 1977, il joue même plusieurs soirs dans Le Secret de Zonga, une pièce de Martin Lamotte au café-théâtre La Veuve Pichard. Il y rencontre Dominique Lanvin, sa future femme.
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# Posté le mardi 03 mars 2009 19:08

La période du loubard (1977 - 1982)

La période du loubard (1977 - 1982)
Toujours avec ses mêmes producteurs, Renaud sort son deuxième album Laisse béton en 1977 où il abandonne son image de titi parisien (qu'il trouve trop folklorique) pour celle du gentil loubard au blouson de cuir, image qu'il durcit jusqu'à l'album Marche à l'ombre. Renaud dispose de plus de liberté pour cet album imposant ses musiciens, la pochette et la chanson Les Charognards que ses producteurs refusaient pour « apologie du gangstérisme » (il n'avait pas réussi à leur imposer une chanson contre Franco sur l'album précédent). Nettement plus soigné, Laisse béton se vend modestement mais la chanson-titre devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et le grand public découvre Renaud. En avril, le nouveau venu dans la chanson française triomphe au Printemps de Bourges 1978 accompagné par le groupe Oze. Son image de loubard amène aux concerts un public de voyous auquel il n'avait jusqu'alors pas été habitué. Le 30 juin, Renaud remporte le premier prix au Festival de Spa, en Belgique, avec Chanson pour Pierrot. Le single Laisse béton atteint les 300 000 exemplaires vendus et l'album se vend à 200 000 exemplaires, cette soudaine célébrité l'amène à se poser des questions sur l'influence qu'il peut avoir. Les médias commencent à lui coller l'étiquette de loubard alors qu'il refuse de se limiter à cet aspect. En effet Renaud n'attribue pas à ses chansons de zonard un côté autobiographique mais une manière de faire connaître les problèmes de ces gens qu'il a connus. Pour se « démystifier » aux yeux du public, il termine tous ses spectacles par Peau Aime qui se retrouve sur son album suivant. La boîte de production ayant fait faillite, Polydor rachète le contrat de Renaud, qui dispose d'un contrat moins léonin.

Troisième album de Renaud, Ma gonzesse sort en janvier 1979. Dans la lignée du précédent, Renaud se dévoile néanmoins plus sensible et adepte de l'autodérision. C'est mon dernier bal est interdite d'antenne. En mars, il affronte sa première grande salle parisienne : le Théâtre de la Ville, salle de huit cents places où il joue à guichets fermés cinq soirs de suite. Avec le succès croissant arrive les premières controverses. Maintenant que le chanteur a gagné beaucoup d'argent et qu'il se met à faire des chansons sentimentales, son image de loubard rebelle ne colle plus vraiment et certains, comme Rock & Folk, le voient déjà récupéré par la société de consommation. De plus la famille d'intellectuels du côté de son père lui vaut d'être traité de bourgeois. Ces critiques énervent Renaud qui promet un prochain album « d'une violence noire. »

L'album suivant, Marche à l'ombre, sorti en 1980, est dédié, entre autres, à Paul Toul (pseudonyme de Jacques Mesrine), criminel français des années 1970, abattu par la police. Plus violent et plus sombre (Baston, La Teigne, Marche à l'ombre, Mimi l'ennui...) sans être dénué d'humour, l'album obtient un fort succès. Renaud a abandonné son groupe de scène pour une équipe de musiciens professionnels comme Jean-Philippe Goude. Gérard Lambert, personnage central de la chanson Les aventures de Gérard Lambert, devient un vrai phénomène. Plus préjudiciable Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ? s'en prend violemment à toutes les critiques qu'il a pu recevoir et lui attire les foudres du Parti communiste français. La même année Renaud est applaudi par le public et par la presse à Bobino dont Polydor met en vente un double album live Renaud à Bobino. La première partie du spectacle, qui était elle aussi assurée par Renaud, sort en album sous le titre Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes. Renaud y chante de vieilles chansons du siècle précédent, accompagné par l'accordéoniste Joss Baselli.

Avec Le Retour de Gérard Lambert, enregistré fin 1981, Renaud commence à délaisser son blouson noir, transition entre Marche à l'ombre et Morgane de toi. Devenu père d'une petite Lolita depuis août 1980, Renaud préfère s'éloigner de la violence. Cependant, les ventes n'égalent pas celles de Marche à l'ombre malgré la présence de deux titres phares, Manu et La Blanche (dédiée à Michel Roy), et d'une chanson signée Coluche, Soleil immonde. En novembre 1981, sort Les Aventures de Gérard Lambert, une BD scénarisée par Renaud et dessinée par Jacques Armand. Fin 1982, Renaud fait sans le savoir ses adieux au loubard sur la scène de l'Olympia dont un double album live intitulé Un Olympia pour moi tout seul est édité.
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# Posté le mardi 03 mars 2009 19:12

Paternité et succès (1982-1990)

Paternité et succès (1982-1990)
Paternité et succès (1982-1990) [modifier]
Inspiré par des amis et par la lecture des récits des voyages d'Antoine, aspirant à fuir un peu la surmédiatisation, Renaud découvre la mer et prend le large avec son bateau, la Makhnovchtchina. L'épopée dure de septembre 1982 à mars 1983 et il en tire un tube : Dès que le vent soufflera avec son fameux « Tatatsin ». Pour Morgane de toi, sorti en 1983, Renaud part à Los Angeles et s'entoure de musiciens américains renommés, comme le guitariste Albert Lee. Cet investissement n'est pas vain car Morgane de toi se vend à plus d'un million d'exemplaires en quelques mois. Deux chansons sont dédiées à sa fille, inaugurant une longue tradition qui se poursuit sur tous les albums suivants. Serge Gainsbourg réalise le premier clip de Renaud sur Morgane de toi. Renaud a définitivement cassé son image : moins agressif, plus écolo, un blouson en jean à la place du blouson de cuir. Il conserve cependant les santiags et le bandana rouge.

En 1981, Renaud représente 45% du chiffre d'affaires de Polydor. Mais ne se sentant pas soutenu par sa maison de disque, il ne renouvelle pas son contrat après Morgane de toi et quitte Polydor. Il signe chez Virgin pour 18 millions de francs, une somme record pour l'époque. Il fonde alors son label, Ceci-Cela, ainsi qu'une maison d'éditions Mino Music et Encore merci qui s'occupe du merchandising. Il joue au Zénith de Paris, qui vient juste d'être inauguré, du 17 janvier au 5 février 1984 puis effectue une tournée qui se termine au Printemps de Bourges. Entre le 10 et le 20 juillet, Renaud part à la rencontre de son public québécois et réunit 40 000 personnes au cours de ses six concerts en Amérique du Nord. Le 8 septembre, malgré ses relations en froid avec le PCF, il chante en vedette à la Fête de l'Humanité, revenant ainsi sur ses prises de positions passées pas plus tard qu'au début de l'année, afin de bien montrer qu'il s'oppose à la droite.

L'année 1985 est une année mouvementée pour Renaud. En février, la chanteuse Valérie Lagrange propose à Renaud d'écrire une chanson pour l'Afrique. À l'époque en effet, une sécheresse sans précédent sévissait en Éthiopie depuis plusieurs années, faisant des milliers de victimes. Des musiciens africains et des artistes d'Amérique du Nord comme Bob Geldof avaient déjà réalisé des disques de solidarité mais en France, rien n'avait été fait. Valérie Lagrange voit en Renaud le catalyseur idéal pouvant faire bouger les artistes. Après quelques hésitations, Renaud accepte, écrit une chanson sur une musique de Franck Langolff et réunit une trentaine d'artistes (parmi lesquels Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Jacques Higelin, Coluche, Julien Clerc, Alain Souchon...). Le disque dépasse rapidement le million d'exemplaires (1 724 000 exactement, 8e single le plus vendu en France) et rapporte plusieurs millions de francs à Médecins sans frontières, l'association bénéficiaire de l'opération. Le concert des Chanteurs sans frontières organisé par la suite à La Courneuve est cependant bien moins réussi.

En août, dans le cadre du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, Renaud part donner une série de concerts à Moscou, en URSS. Séjour encadré mais globalement positif, Renaud se réjouissant d'affronter un public non francophone, jusqu'à l'incident du parc Gorki : devant dix mille personnes (triées sur le volet), Renaud entame sa chanson pacifiste Déserteur. Des projecteurs éclairent soudainement les gradins, trois mille spectateurs se lèvent en même temps et quittent la salle. Incident prémédité, probablement par une faction dirigeante peu encline à cette ouverture vers l'Occident, dont Renaud, fils de communistes fervents, sort profondément blessé. Ce séjour soviétique modifie profondément sa vision du pays et lui inspire la chanson Fatigué (paru ensuite dans le futur album Mistral gagnant) qu'il avait ébauché le jour même sur un banc de la Place Rouge devant l'hotel Ukraine. Épuisé moralement et physiquement, Renaud quitte l'URSS pour l'enregistrement de son album suivant à Los Angeles.

Arrivé dans les bacs en décembre, Mistral gagnant sent la désillusion (Fatigué), la désespérance (Morts les Enfants, P'tite Conne - chanson dédiée à Pascale Ogier, la fille de l'actrice Bulle Ogier), la nostalgie de l'enfance (Mistral Gagnant), transcrivant ainsi les derniers mois difficiles durant lesquels Renaud écrivit les chansons de l'album. La chanson Miss Maggie, hymne féministe - écrite après le drame du Heysel - et charge contre Margaret Thatcher, déclenche une polémique en Angleterre. L'accueil enthousiaste du public (plus d'un million d'exemplaires vendus) et de la critique favorable à ce disque « inquiet » redonne confiance à Renaud pour sa prochaine prestation pendant un mois au Zénith début 1986. 180.000 assistent aux concerts du Zénith, avec pour décor, un bateau le Karaboudjan. Sa tournée Le Retour de la Chetron Sauvage est un franc succès. Par ailleurs, un recueil de ses chansons et dessins, préfacé par Frédéric Dard, lui vaut d'être invité par Bernard Pivot dans l'émission Apostrophes, reconnaissance officielle de ses talents d'écrivain.


Coluche était un ami proche de Renaud.Même si sa vie d'artiste est comblée, ce n'est pas le cas de sa vie personnelle. Renaud s'enfonce doucement dans la déprime[10] : par la remise en question de ses engagements (qui a commencé depuis Morgane de toi), par le temps qui passe... et par les premiers deuils. Le 19 juin 1986, la mort brutale de son ami Coluche l'affecte gravement. En 1988, Renaud dédie son nouvel album Putain de camion à Marius et à Romain, les fils de Michel et Véronique Colucci. La chanson-titre de l'album est d'ailleurs un hommage à celui qui fut le parrain de sa fille Lolita. L'album sort sans promotion, décision qui a un effet sensible sur les ventes : 750 000, soit deux fois moins que le précédent. L'album obtient malgré tout en 1989 plusieurs prix.

En 1989, Renaud organise un grand concert gratuit place de la Bastille à Paris, Ça suffat comme ci avec Johnny Clegg et la Mano Negra, initié par l'écrivain Gilles Perrault et la LCR en réponse au sommet du G7 à Paris. La même année sort un double album live, Visage pâle rencontrer public, Renaud tour 89 témoignage d'une tournée avec pour décor un arbre géant.

De 1975 à 1985, il a enregistré sept albums. Jusqu'en 1995, il en enregistre trois (plus deux albums de reprises).
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# Posté le mardi 03 mars 2009 19:19